Promener (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Mener, conduire, faire aller quelqu'un de côté ou d'autre, soit pour l'amuser, soit pour qu'il prenne de l'exercice. Promener un enfant, un vieillard, un malade.
Promener des étrangers par la ville, dans la ville,
La leur faire parcourir, la leur faire voir. "Il m'est venu de province des parents" "que j'ai promenés par tout Paris, dans tout Paris."
"Promener un cheval," Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant. "Promener un cheval échauffé avant de le mettre à l'écurie." On dit aussi "Promener un chien".
PROMENER s'emploie aussi figurément et signifie Faire aller, porter de côté et d'autre. "Promener sa vue, ses yeux, ses regards sur une assemblée. Promener son esprit, son imagination, ses pensées sur divers objets. Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde. Promener ses rêveries. Il promène partout ses ridicules. Il promène en tous lieux son inquiétude, son chagrin, son ennui, son oisiveté."
Fig. et fam., "Promener quelqu'un," L'abuser, le lasser par des délais, par des promesses vaines. "Au lieu de me payer ce qu'il me doit, voilà six mois qu'il me promène".
SE PROMENER signifie Marcher, aller à pied, à cheval, en voiture, etc., pour faire de l'exercice ou pour se divertir. "Il se promène dans son jardin. Je me suis promené deux heures. Allons nous sur les boulevards. J'ai été me ce matin. Se à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Se sur l'eau."
Par impatience, par humeur, "Allez vous " se dit à une Personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser. On dit de même : "C'est un sot, un importun, qu'il aille se . Je l'ai envoyé ." Dans cette dernière phrase, on sous-entend le pronom "se".
SE PROMENER s'emploie aussi figurément, en parlant des Choses qui cheminent, qui errent. "Un ruisseau qui se promène lentement dans la prairie. Mes regards se promenaient sur ces riches campagnes."
"Son esprit, son imagination se promène d'un objet à l'autre," Il change, elle change à tout moment d'objet.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Mener, faire aller en différents lieux.
BOILEAU: « Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie [la comédie naissante] »
VOLT.: « Le diable enfin qui toujours me promène Me fit partir ; le diable me ramène »
J. J. ROUSS.: « Ne le promenez point dans les cercles, dans les brillantes assemblées »
DUCLOS: « Après avoir vécu familièrement avec le maréchal de Noailles, qui l'appelait son philosophe, il [Dumarsais] avait été longtemps promené sous ce titre dans plusieurs sociétés distinguées »
    Fig.
MARIV.: « C'est la main d'une femme, et dire aux gens : la voulez-vous ? »

 2   Particulièrement, faire aller quelqu'un d'un endroit à un autre comme amusement ou comme exercice. Promener un enfant, un vieillard.
BOILEAU: « Quatre boeufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent »
    Promener des étrangers par la ville, dans la ville, la leur faire parcourir pour la satisfaction de leur curiosité.

 3   Promener un cheval, le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant.
HAMILT.: « Il est au bout de la rue qui promène mon cheval »
    On dit de même : un chien.
    Promener un cheval en main, le sans être monté dessus.
    Promener un cheval dans la main et dans les talons, le gouverner avec la bride et l'éperon.
    Promener un cheval entre les deux talons, le mener au pas en le menant droit entre les deux talons.

 4   Fig. Faire aller çà et là. Promener ses pas, son regard, sa pensée.
MAIRET: « ....Mes lieutenants ont encor depuis peu Promené dans son camp et le fer et le feu »
MOL.: « Ceux qui caressent également tout le monde, qui promènent leurs civilités à droite et à gauche, et courent à tous ceux qu'ils voient avec les mêmes embrassades et les mêmes protestations d'amitié »
MOL.: « Pour peu qu'un père de famille ait été absent de chez lui, il doit son esprit sur tous les fâcheux accidents que son retour peut rencontrer »
DESHOUL.: « Et promenait sur lui d'étincelants regards »
BOILEAU: « Au milieu de Paris il promène sa vue »
RAC.: « Rions, chantons, dit cette troupe impie ; De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs »
MONTESQ.: « Celui-ci [Caracalla] allait sa fureur dans tout l'univers »
      GILB., Le XVIIIème siècle: Qu'il est beau de le voir de dînés en dînés, Officieux lecteur de ses vers nouveau-nés, Promener chez les grands sa muse bien nourrie !
DELILLE: « Je promène mes jours Du loisir au travail, du repos à l'étude »

 5   Faire aller çà et là l'idée d'un autre.
     Dict. de l'Acad.: Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde
BOILEAU: « Il me promène après de terrasse en terrasse »
HAMILT.: « Il promène l'attention sur de curieuses antiquités »
LAMOTTE: « Nouveau Mentor d'un nouveau Telémaque, Toi qui, le promenant par les siècles passés [lui enseignant l'histoire].... »

 6   Être cause d'une promenade, en parlant d'une chose. Faites-moi cette commission, cela vous promènera.

 7   Il se dit des choses qui font aller çà et là d'autres choses.
BERNIS: « Insensible témoin des crimes de la terre, Dieu laisse au gré des vents son tonnerre »
DELILLE: « Brûlez ces poupes et ces mâts Qui promènent vos maux de climats en climats »
CHATEAUBR.: « L'Eurotas promenait son cours tortueux dans cette riante solitude »
    Fig.
MOL.: « Ma jalousie, à tout propos, Me promène sur ma disgrâce, Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos »
BOILEAU: « Chacun suit dans le monde une route incertaine, Selon que son erreur le joue et le promène »

 8   Familièrement et fig. Promener quelqu'un, l'abuser, le lasser par des promesses vaines. Il m'a promené deux ans avant de me payer.

 9   Se , v. réfl. Marcher, aller à pied ou à cheval, etc. pour faire de l'exercice ou pour se distraire.
SÉV.: « Je mande à mon fils que je n'ai que faire de lui, que je me promène, et qu'avec cela je l'envoie »
BUFF.: « Les sauvages ne savent ce que c'est que de se ; et rien ne les étonne plus dans nos manières que de nous voir aller en droite ligne, et revenir ensuite sur nos pas plusieurs fois de suite »
    Avec le verbe laisser et ellipse du pronom personnel.
MOL.: « Qu'on me laisse ici toute seule »
    Terme de dépit et d'humeur. Allez vous , se dit à une personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser.
SÉV.: « Allez vous , madame la comtesse, de me venir proposer de ne vous point écrire ; apprenez que c'est ma joie et le plus grand plaisir que j'aie ici »
AL. DUVAL: « Là [à la cour] on se trouve toujours placé entre les grand merci et les va te »
    On dit de même : qu'il aille se , qu'il se promène.
MOL.: « Va, va, je fais état de lui comme de toi, Dis-lui qu'il se promène »
DESTOUCH.: « Lui dire, sans tenir d'inutiles propos, Qu'il s'aille , et vous laisse en repos »
    Envoyer , phrase peu polie par laquelle on dit qu'on s'est débarrassé de quelqu'un.
MOLIÈRE: « Si j'avais été en votre place, je l'aurais envoyé »
D'ALEMB.: « On dit qu'il a permission d'aller se dans ses abbayes ; on aurait dû l'envoyer quatre ans plutôt »
P. L. COUR.: « Furia se fâcha, je m'emportai, et l'envoyai en termes qui ne se peuvent écrire »
    Fig.
BEAUMARCH.: « Va te , la honte ! je veux rire et pleurer en même temps ; on ne sent pas deux fois ce que j'éprouve »

 10   Fig. Il se dit des choses qui errent, cheminent.
BOILEAU: « J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène Qu'un torrent.... »
BOSSUET: « Notre raison se promène par tous les ouvrages de Dieu »
DUCIS: « Dans le vague avenir ma raison se promène »

REMARQUE
    Dans le sens de marcher, c'est un verbe réfléchi, et l'on doit dire : allons nous et non pas : allons . C'est maintenant l'usage, et parler autrement est une faute commise par J. J. Rousseau, dans cette phrase : J'ai toutes les peines du monde à obtenir cinq ou six fois l'année qu'elle [Thérèse] veuille bien venir avec moi, Lett. à Mme de Créqui, sept. 1770. Mais Vaugelas considérait encore comme un verbe neutre, ainsi qu'avait fait le XVIe siècle.

HISTORIQUE
    XVème siècle
FROISS.: « [Les Romains] prirent le prudom qui bien avoit cent ans, et le menerent et le pourmenerent parmi Rome »
COMM.: « Et qu'il y avoit largement gens qui se pourmenoient par les rues »
    XVIème siècle
MARG.: « Madame est en parfaite santé, ayant du tout recouvert le manger, dormir et proumener »
LA BOÉTIE: « Si ne veux je pas pour ceste heure debatre ceste question tant pourmenée, assçavoir si.... »
LANOUE: « Ceux qui abondent en ceste passion [la haine], trouveront assez de champs spacieux pour la , voire pour la lasser »
AMYOT: « Dès la poincte du jour il se levoit, et, en se promenant devant son logis ou se tenant debout, recueilloit gracieusement tous ceulx qui le venoient saluer et visiter »
AMYOT: « Il sortit de son logis, et s'en alla sur la place avec ses amis »
O. DE SERRES: « Si des montaignes on a la veue longue, les yeux s'y promenans à l'aise, leur difficile accès donne beaucoup de peine aux pieds »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, pourmener ; wallon, porminé ; du lat. prominare, de pro, et minare (voy. MENER).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Mener, conduire, faire aller quelqu'un d'un endroit à un autre, de côté et d'autre, soit pour l'amuser, soit pour qu'il fasse de l'exercice. "Promener un enfant, un vieillard, un malade. Il m'a promené dans sa calèche."
"Promener des étrangers par la ville, dans la ville," La leur faire parcourir, la leur faire voir. "Il m'est venu de province des parents que j'ai promenés par tout Paris, dans tout Paris."
"Promener un cheval," Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant. "Promener un cheval échauffé, avant que de le mettre à l'écurie. Promener un cheval qui a les avives." On dit aussi, "Promener un chien."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi figurément. "Promener sa vue, ses yeux, ses regards sur une assemblée. Promener son esprit, son imagination sur divers objets. Il promène ses pensées sur mille objets divers. Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde. Promener ses rêveries. Il promène partout ses ridicules. Il promène en tous lieux son inquiétude, son chagrin, son ennui, son oisiveté."
Fig. et fam., "Promener quelqu'un," L'abuser, le lasser par des délais, par des promesses vaines. "Au lieu de me payer ce qu'il me doit, voilà six mois qu'il me promène."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Marcher, aller, soit à pied, soit à cheval, soit en voiture, etc., pour faire de l'exercice, ou pour se divertir. "Il se promène dans son jardin. Je me suis promené deux heures. Allons nous au boulevard. J'ai été me ce matin. Se à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Se sur l'eau. Se de long en large dans sa chambre."
Il s'emploie aussi figurément, en parlant Des choses. "Un ruisseau qui se promène lentement dans la prairie. Mes regards se promenaient sur ces riches campagnes."
"Son esprit, son imagination se promène d'un objet à l'autre," Change à tout moment d'objet.
Prov. et par impatience, par humeur, "Allez vous ," se dit À une personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser. "Allez vous , vous m'ennuyez." On dit de même: "C'est un sot, un importun, qu'il aille se . Je l'ai envoyé ." Dans cette dernière phrase, on sous-entend le pronom. Ces expressions sont malhonnêtes et injurieuses.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


qui s'emploie avec le pronom personnel. Marcher, aller, soit à pied, soit à cheval, soit en carrosse, etc. pour faire de l'exercice, ou pour se divertir. "Il se promène dans son jardin. Allons nous au cours. Ils se sont allés en carrosse. J'ai été me ce matin. Se en bateau".
On dit proverbialement à un homme par mépris, "Allez vous , je n'ai que faire de vous. C'est un sot homme, qu'il s'aille . Je l'enverrai bien promener". (On sous-entend "Se".)



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Promener, est aussi verbe actif, et signifie, Mener quelqu'un d'un lieu à un autre, soit pour le divertir, soit pour quelque autre objet. "Il a bien promené ces étrangers par la Ville. Promener un enfant".
On dit, "Promener un cheval," pour dire, Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit quelquefois en mo tant dessus. "Promener un cheval échauffé avant que de le mettre à l'écurie. Promener un cheval qui a les avives".
On dit figurément: "Promener son esprit sur divers objets. Promener ses inquiétudes, ses regards. Promener la vue".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Marcher, aller, soit à pied, soit à cheval, soit en carrosse, &c. pour faire de l'exercice, ou pour se divertir. "Il se promène dans son jardin. Allons nous au cours. Ils se sont allés en carrosse. Se en bateau."
On dit proverbialement à un homme par mépris, "Allez vous , je n'ai que faire de vous. C'est un sot homme, qu'il s'aille . Je l'enverrai bien ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi verbe actif, & signifie, Mener çà & là pour divertir. "Il a bien promené ces étrangers par la ville. Promener un enfant."
On dit, "Promener un cheval," pour dire, Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit quelquefois en montant dessus. "Promener un cheval échauffé avant que de le mettre à l'écurie. Promener un cheval qui a les avives."
On dit figurément, "Promener son esprit sur" "divers objets. Promener ses inquiétudes, ses regards."



1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Marcher, aller, soit à pied, soit en carrosse, soit à cheval "&c". pour faire exercice ou pour se divertir. "Il se promene dans son jardin. allons nous au cours. ils se sont allez en carrosse, par eau, sur l'eau. il fait beau se ".
On dit prov. à un homme par mespris, "Allez vous promener, je n'ay que faire de vous. c'est un sot homme, qu'il s'aille . je l'envoyeray bien ".



2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)




est aussi v. a. & signifie mener çà & là pour divertir. "Il a bien promené cette femme. il nous promena par toute la ville".
On dit aussi, "Promener un cheval," pour dire, Le mener doucement à la main, le faire marcher pour le soulager dans quelque mal.
On dit fig. "Promener son esprit sur divers objets. ses inquietudes, ses regards".




Emplacement dans le dictionnaire :

prologue
prolongation
prolonge
prolongé
prolongement
prolonger
promenade
promené
promènement

promeneur
promenoir
promesse
prometteur
promettre
prominence
prominent
prominer
promis
promoteur
promotion




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Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...entiers sous l'herbe, -et les plats de chevrettes fermentées dans du lait. On puisait différentes sauces dans de grandes pirogues qui en étaient remplies et que des porteurs avaient grand'peine à promener à la ronde. Les chefs et les cheffesses venaient à tour de rôle haranguer la reine à tue-tête, avec des voix si retentissantes et une telle volubilité qu'on les eût crus possédés. Ceux qui n'avaient...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...appelé : la route des fontaines... (j'ai cherché à mettre à peu près par ordre de date ces souvenirs ; je pense que je pouvais avoir cinq ans lorsque ceci se passait.) donc, assez grand déjà pour me promener avec mon père et ma soeur, j'étais là, un matin de rosée, extasié de voir tout devenu si vert, de voir si promptement les feuilles élargies, les buissons touffus ; sur les bords du chemin, les...


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...élevé qu'il ne pouvait pas épouser. Quand un jeune homme est amoureux, -à moins que ce ne soit d'une jeune fille à marier, - il devient indécent, fût-il le mieux élevé du monde, et a la rage de se promener tout nu : souviens-toi de la statuette de l'amour ! ... voilà pourquoi tous nos galants s'enferment et se dissimulent ; on nous verrouille ici, nous autres, afin que nous ne les voyions pas aller...


Citation n°4 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)

...y participer. Précisément il était aisé d'y progresser à cause de son éducation particulière. Comme elle était habituée à faire voir son jeune corps sans voiles, elle laissa aussi mes mains se promener sur son âme passionnée. Voici les principes de vie que m'inspira la mélancolie de son visage, les voici tels que durant nos longs colloques je les lui formulai : pour son usage, disais-je, mais...


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...Elle s'était jetée à sa tête, séduite par sa prestance, heureuse dans son isolement de retrouver un camarade pour parler du pays. La rivière séparait leurs villages ! Les dimanches, ils allaient se promener le long du canal, hantés par la mélancolie que les eaux semblaient charrier, alourdies par le reflet des ormes touffus, entre les rangées de roseaux bruissants. Ils s'entretenaient des choses des...


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